éditions joca seria art & littérature






>Arno Bertina, C'est quoi ce pays, Joca Seria, 2018
978-2848093 - 15 €
Arno Bertina
Je nais en 1975.
J’ai 13 ans en 1988, quand un professeur de français me fait lire L’Adieu aux armes d’Hemingway, Nouvelles de Salinger et Les braves gens ne courent pas les rues de Flannery O’Connor. Je ressens encore les effets de l’onde de choc produite par ces lectures.
J’écrivais déjà, je continue.
Je lis La nausée, que personne ne m’a recommandé, qui me fascine immédiatement, et Le capitaine Fracasse. Je cours encore après l’effet produit sur moi par la mélancolie de ces deux romans.
Le lycée est un champ de foire, il s’y passe tout et n’importe quoi, c’est excitant. Je continue d’écrire, participe à un concours de nouvelles.
L’année d’Hypokhâgne est un champ de foire, il s’y passe tout et n’importe quoi, c’est excitant. Je découvre l’univers des revues littéraires. Mon premier texte de fiction est publié par Grèges, et mon premier article par Prétexte. Beaucoup d’autres textes et articles suivront (pour Esprit, La NRF, Critique, et aujourd’hui Inculte).
En 2000 je termine pour la première fois un roman. Alors que je suis au service militaire (c’est un champ de foire, etc.), Actes Sud publie Le Dehors ou la migration des truites. Paraitront ensuite – une fois libéré des « obligations » – Appoggio (Actes sud, 2003) et Anima motrix (Verticales, 2006), ces trois titres constituant une manière de triptyque.
En 2003 je suis sélectionné pour devenir pensionnaire de la villa Médicis (Rome) en 2004-2005. A Rome je décide de mettre entre parenthèse l’écriture d’Anima motrix pour coécrire Anastylose (Fage, 2006), un ouvrage retraçant l’histoire d’un monument de la Rome antique, l’Ara Pacis. Je prends goût aux expériences collectives, qui prolongent la recherche d’une écriture polyphonique et devient membre du comité de rédaction de la revue Inculte. A partir de là, je multiplierai les projets collectifs – le dernier en date étant La borne SOS 77 avec le photographe Ludovic Michaux.
C’est encore cette dimension collective qui explique mon goût pour l’écriture radiophonique et le fait que je réponde aux commandes de France-Culture en écrivant des dramatiques (La relève des dieux par les pitres, réalisé par Claude Guerre) ou des adaptations (Sous le volcan de Malcolm Lowry, réalisé par Christine Bernard-Sugy, et La conscience de Zeno d’Italo Svevo, réalisé par Myron Meerson).